Fabien Broha aurait pu être freestyleur pur et dur. Comme beaucoup de kayakistes, il a commencé assez tôt et c’est d’abord dirigé vers une discipline de compétition, mais il l’a fuit. Il trouvait le milieu trop rigide et pas assez libre. Aujourd’hui, coordonnateur sportif d’une base loisir spécialisée dans le canoë-kayak, il passe aussi en parallèle un Master en Enseignement et Formation. Un équilibre entre vie professionnelle, sportive et personnelle qu’il faut tenir ! Une personne aux multiples casquettes que l’on vous propose de découvrir.
Waka Kayaks France (WKF) : Bonjour Fabien, peux-tu nous dire comment tu as commencé le kayak, et ce qui t’a amené à la rivière ?
Fabien Broha (FB) : J’ai commencé à l’âge de 5-6 ans parce que mes parents habitent à côté d’une base de canoë-kayak qui réalisait des séances pour les 5-10 ans l’été.
D’abord par le freestyle vers 14 ans, car on était une bande de potes qui se retrouvait aux écoles de pagaies tous les samedis après-midi. Ensuite de plus en plus en autonomie pour s’amuser dans une vague lisse jusqu’à faire de la compétition quelques années. Puis entre 18 et 20 ans, j’ai commencé à délaisser le freestyle au profit de la rivière où je retrouvais cet aspect de découverte et de liberté qui me plaisait tant !
…des activités qui t’emmènent à des endroits où jamais tu n’aurais été autrement !!
WKF : Si tu devais définir avec tes mots ce qu’est le kayak en rivière :
FB : Pour moi, le kayak c’est : la liberté, la découverte et l’aventure ! Ça fait partie des activités qui t’emmènent à des endroits où jamais tu n’aurais été autrement !!
WKF : Pourquoi as-tu choisi de collaborer avec waka kayaks France ?
Fabien Broha (FB) : La première raison, c’est l’équipe ! Que ce soit les kayakistes, mais aussi Régis et notre CM Théo ! C’est bête à dire, mais être bien entouré c’est quand même le plus important et être au milieu de tout ce beau monde, c’est motivant et porteur. Puis on ne va pas se le cacher, il y a quand même une sacrée belle équipe d’énervé de la pagaie !
Et en plus pour naviguer en Waka, que demander de mieux ?!
WKF : Ton kayak préféré chez waka kayaks (pour le moment) ?
FB : STEEEEZE ! Mais j’ai hâte d’essayer le G.O.A.T qui devrait être encore plus adapté à mon petit gabarit.

WKF : Tu peux nous expliquer ce que représente le kayak de rivière dans ta vie ?
FB : Ça a toujours eu une part importante dans ma vie, dans différents milieux. J’ai une vision particulière d’un bon kayakiste, pour moi les meilleurs kayakistes ne sont pas ceux qui envoient ou engagent plus qu’un autre.. Mais ils sont surtout ceux qui ont réussis à parfaitement intégrer le kayak dans leur vie, avec leur boulot, leur famille.. La Québec Connection me semble la parfaite illustration !
J’essaye de me rapprocher de cet idéal, le kayak et les sports de pleine nature ont toujours motivé mes études et mes expériences pros. Aujourd’hui, je travaille à l’année en tant que Coordonnateur sportif d’une base loisir spécialisée dans le canoë-kayak (l’Asvolt) et je suis également une Master en Enseignement et Formation. Ça occupe bien l’année déjà !
WKF : Tu l’as dit plus tôt : ce qui te motive dans la pratique du kayak c’est la liberté, la découverte et l’aventure. Tu fais des compétitions en haute rivière de temps en temps ?
FB : Ce n’est vraiment pas ma priorité. Si j’ai le choix entre un week-end kayak sur deux ou trois nouvelles rivières et une compétition, je pars direct découvrir de nouvelles rivières !! Le fait de répéter un parcours, des lignes, des trajectoires me rappellent trop ce que j’ai tenté de fuir dans le freestyle quand je faisais un peu de compétition. Le plaisir avant tout !

WKF : La ou les fois où tu t’es vraiment fait peur en rivière ?
FB : Je touche du bois ! Je n’ai jamais rien eu de vraiment terrifiant… Même si en début d’année, je me suis retrouvé coincé sous une branche, posé sur un caillou dans un rapide qu’on avait pourtant repéré… Je m’en suis plutôt bien sorti avec « seulement » une appréhension un peu plus grande pour les branches ; mais dans les rivières que je navigue dans le massif central, c’est tellement monnaie courante qu’il faut tenter de faire avec, au mieux.
WKF : Ton meilleur souvenir en rivière, moment fort, amusant ou étonnant ?
FB : En décembre, j’ai eu la chance de descendre la chute de Bozouls, un de mes objectifs de vie de kayakiste ! C’est à côté de chez moi et je la regardais depuis bien longtemps ! Jusque là, je me disais que je n’avais pas le niveau les rares fois où c’était en eau… Donc c’est un bel accomplissement qui a une forte valeur sentimentale !
si je le sens, j’y vais, mais si je ne le sens pas, je n’y vais pas…
WKF : Du coup, comment conçois-tu la sécurité lors des sorties en rivière ?
FB : Je fais plutôt partie de ceux qui vont aller repérer dès qu’on ne voit pas la suite !
Et puis ma première règle c’est : si je le sens, j’y vais, mais si je ne le sens pas, je n’y vais pas… Le feeling est trop important en rivière, c’est notre première sécu ! Puis un deuxième point : ça reste l’équipe avec qui tu navigues et quand la communication est là, normalement la sécu suit !
WKF : Quelles sont tes rivières, spots préférés ?
En France : Guil ! J’ai eu la chance d’y travailler 2 saisons et en plus de la rivière magnifique pour tous les niveaux, le cadre est splendide (d’ailleurs faut pas laisser bétonner ce bijou alpin), le Lot, parcours de Goli Sup : aussi appelé Golinhac, c’est mon home spot volume, un bras mort en eau lors des crues du Lot !
En Europe : Verzasca : Eau sublime, et que des jolis rapide l’un derrière l’autre. La Soča : est-on obligé de se justifier pour cette rivière ?
À travers le monde : Hors Europe, je n’ai eu la chance de naviguer qu’au Maroc… et j’en attends un peu plus vu les petits niveaux qu’on a eu.

WKF : Quelle est la rivière ou dans quelle région du monde rêverais-tu de faire du kayak ?
FB : Outre des destinations qui me font rêver telles que la Norvège, Canada, Chili, Népal…
Il y a une rivière qui m’a toujours parlé par ce qu’elle se représente : la Stickine (un fleuve qui coule dans le nord-ouest de la Colombie-Britannique au Canada et dans le panhandle de l’Alaska aux États-Unis, NDLR). Quand j’ai commencé le kayak, c’était le moment où on en attendait pas mal parler, tous les gros pagayeurs partaient la faire et ramenaient des images assez impressionnantes !! Ne ce serait-ce pas le Mont-Blanc du kayak ? Peut-être pas la plus dure, mais suffisamment mythique pour ça !
WKF : tu as des projets en kayak pour la suite ?
FB : Continuez à me faire plaisir et faire ce que j’aime ! Et le petit plus, essayer de la partager au plus grand nombre ! Puis bien sûr, il y a des projets de navigation qui vont arriver avec le printemps !! Italia maybe… Faut conjuguer avec le Covid aussi…
WKF : Un conseil pour les personnes qui débute en rivière ?
FB : SE FAIRE PLAISIR ! Pour moi ça reste le plus important et ce qui permettra une longue vie épanouie de kayakistes. Je pense qu’il ne faut pas griller les étapes, ça peut être frustrant des fois! Mais ça me semble important pour une bonne longévité. Griller des étapes dans la progression c’est prendre le risque de redescendre plus bas dans sa confiance voir de s’en dégouter…
Et vu que la confiance est 90 % du kayak de rivière…
WKF : Merci Fabien pour toutes ces réponses. L’ensemble de l’équipe Waka Kayaks France continue à te suivre dans tes aventures.
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