
Montage photo polaroid avec Thomas Neime pour Waka Kayaks France
Il fait parti de ceux qui ont ouvert le saut du Doubs en 2019, Thomas Neime, 29 ans, est un de ces globe-trotteurs qui ne part que rarement en voyage sans leur kayak. Le Rhônalpin a grandi dans une famille de kayakistes, c’est tout naturellement qu’il a commencé la pratique en slalom et en descente. Aujourd’hui passé à la rivière pur et dur, il s’est prêté au jeu du question-réponse.
Waka Kayaks France (WKF): Bonjour Thomas, peux-tu nous dire comment tu as commencé le kayak, et ce qui t’a amené à la rivière ?
Thomas Neime (TN): D’autant que je m’en souvienne j’ai toujours fait du kayak. Ayant grandi dans une famille de kayakiste j’ai commencé par suivre les traces de mes cousins en slalom et en descente dans un cadre fédéral. Puis à ma majorité, j’ai décidé de changer de discipline et passer au kayak de rivière pour suivre mon cousin encore une fois. Cet aspect de la rivière au sens naturel m’a beaucoup plus attiré, permettant d’aller dans des endroits si mystiques et loin du monde, hors des sentiers battus, être seul sur l’eau au milieu de nulle part et devoir se frayer un chemin en passant les différents rapides, c’est ça qui m’attire le plus.
WKF: Si tu devais définir avec tes mots ce qu’est le kayak en rivière:
TN: La nature sauvage, l’eau suit le chemin le plus cours vers le bas, elle ne se soucie pas par où aller, elle passe, se frayant des chemins tellement hors du commun. Je trouve ça impressionnant à chaque fois que je découvre une nouvelle rivière. Pour moi c’est ça la rivière!
Notre but en tant que kayakiste: c’est d’utiliser cet élément pour nous frayer notre propre chemin, aller avec le courant, en se laissant porter par lui, parfois en le traversant ou même en le contournant. Mais l’objectif reste toujours le même, arriver en bas sain et sauf grâce à la rivière.
WKF: Pourquoi as-tu choisi de collaborer avec waka kayaks France ?
TN: Comme beaucoup pour la forme des kayaks. L’innovation dont a fait part la marque ces dernières années est folle! À la création du premier Tuna, toutes les marques ont dû suivre le mouvement afin de sortir des formes innovantes et ces dernières années la progression a été impressionnante. Waka Kayaks nous montre chaque année qu’ils sont prêts à relever le défi.
WKF: Ton kayak préféré chez waka kayaks (pour le moment) ?
TN: Pour le moment c’est le OG, faute de ne pas avoir le bon gabarit pour le Stout, mais j’espère que le Goat viendra le détrôner!
“L’important est que chacun y trouve son bonheur.”
WKF: Tu peux nous expliquer ce que représente le kayak de rivière dans ta vie ?
TN: C’est un fil conducteur dans ma vie! J’ai commencé par suivre un chemin classique de l’école aux études supérieures, et le kayak m’accompagnait, étant ma passion, mon défouloir. C’est ce qui me permettait de supporter la semaine de cours en attendant la liberté du week-end. Puis dès que j’ai pu, je suis parti en voyage avec le kayak comme objectif. J’ai pu visiter différents pays et rencontrer différents kayakistes de tous horizons. Ces voyages m’ont formé à différents points de vue et je suis reconnaissant de tout ce que j’ai pu rencontrer et apprendre sur ma route.
WKF: On sent que pour toi le kayak se vit au quotidien. La compétition en rivière tu en fait de temps en temps?
TN: Les compétitions ne sont pas nécessaires au kayak de rivière, cela va même un peu à l’encontre de certaines mentalités les plus rebelles. Mais c’est un excellent moyen de partager cette passion! C’est un moment où on se rassemble, se compare et on donne le meilleur de soi même. Certains auront plus l’esprit de compétition, d’autres y vont juste pour participer ou même uniquement pour faire partie de l’équipe de sécurité pour regarder les copains du bord de l’eau avec quelques merguez sur le grill. L’important est que chacun y trouve son bonheur.
WKF: Ton meilleur souvenir en rivière, moment fort, amusant ou étonnant ?
TN: Comme moment très récent: la première descente du saut du Doubs, on était avec une super équipe. En haut du saut c’était très calme, on était plus dans la concentration. Mais une fois en bas ce fût une explosion de joie tous ensemble.
Pour revoir le Saut de Doubs de cette année c’est par ici:
“…ne pas prendre de risques démesurés…”
WKF: La ou les fois où tu t’es vraiment fait peur en rivière ?
TN: Je suis heureux de ne jamais avoir eu de réel moment de peur en rivière, mais plutôt d’incertitude! Un des moments les plus forts fût mon plus gros beater: j’ai tourné pendant un bon moment en luttant pour ne pas nager au pied d’une chute dans un canyon en Équateur avec trois compères à 20 mètres de là sans possibilité de sécurité.
WKF: Du coup comment tu conçois la sécurité lors des sorties en rivière ?
TN: Niveau sécurité on n’est jamais assez prudent! Tout est question de se sentir en sécurité sur l’eau par rapport aux gens avec qui tu navigues, du niveau d’eau, de la manière de progresser sur la rivière… Beaucoup de facteurs sont à prendre en compte! Le tout est de ne pas prendre de risques démesurés, mais le minimum c’est d’avoir ta corde, des mousquetons et des cordelettes pour prussik si tu pars en classe 4 ou plus.
Pour le reste c’est une question de feeling et de confiance avec les gens pour le repérage, en cas de doute ne pas hésiter à envoyer tout le monde repérer plutôt que d’expliquer qu’il ne faut surtout pas tomber dans le siphon qui est à moitié dans la ligne. Et évidemment une prudence accrue sur une rivière que tu ne connais pas!
Quel sont tes rivières, spots préférés ?
- En France : En France j’aime la rentabilité en navigation, pas d’un point de vue économique, mais qualitatif ! Pouvoir ramer des kilomètres de rapides de qualité sans trop de portages et donc pour ça il y a : le Tarn et la Dourbies pour les Cévennes, le Guil et l’Ubaye pour les Alpes, la Loue pour le Jura et un coup de cœur personnel pour la chartreuse et le saut du Doubs.
- En Europe : La Norvège est indémodable! L’Espagne et le Portugal ont de belles, mais le coin où j’aimerai le plus retourner c’est la Soça en Slovénie.
- À travers le monde : Chacun à ses pays préférés, mais certains ressortent plus que d’autre, comme le Canada avec le Québec ou la Colombie-Britannique, en Asie le Pakistan est mon numéro 1 pour sa majestueuse Indus ! En Amérique du Sud faute de connaitre le Chili, j’adore particulièrement la Colombie et l’Équateur ! Non seulement pour la diversité et quantité de rivières qu’ils offrent, mais aussi pour l’ambiance générale et la population.
WKF: Quelle est la rivière ou dans quelle région du monde rêverais-tu de faire du kayak ?
TN: Le Chili a l’air complètement fou dans ce cas-là, tellement de diversité et de rivières. Le climat n’a pas l’air pire non plus.
WKF: tu as des projets en kayak pour la suite ?
TN: Quelques projets pour cette année et les suivantes. Notamment avec un trip en Suède et Norvège pour cet été, mais en mode mission loin des classiques. Un petit retour au Pakistan est à prévoir aussi. Sur le long terme, j’espère pouvoir combiner vie professionnelle/privée et kayak au mieux possible afin de pouvoir ramer aussi souvent que j’en ai envie. L’Amérique du Sud me semble un bon endroit pour s’y épanouir.
WKF: Un conseil pour les personnes qui débute en rivière ?
TN: Y aller à ton rythme et de trouver ce qui te procure du plaisir sur l’eau, s’inspirer des autres kayakistes et être à l’écoute, n’oublies pas que c’est l’expérience qui te donnera les meilleures intuitions.
WKF: Merci Thomas pour toutes ces réponses. L’ensemble de l’équipe Waka Kayaks France continue à te suivre dans tes aventures.
Pour suivre Thomas Neime sur les réseaux sociaux: https://www.instagram.com/thomasneime/



